Soviet Suprem

 

SOVIET SUPREM : TENTATIVE DE BIO
Avec ces zigotos, une bio, c’est une gageure. C’est comme un
théâtre de marionnettes, ils passent, ils repassent, sauf qu’on ne sait plus
qui c’est Guignol. Bon, à la base, ils sont deux, et ont déjà un lourd passé.
Des récidivistes, je vous dis, question reconstitution de ligues (pas
vraiment) dissoutes.
D’un côté (gauche), R-Wan, un drôle de pseudo, normal, ce n’en est
pas un, sulfateuse (mot exclusivement féminin ?) de mots, déjà repéré
dans Java-le-groupe et qui a fait provisoirement sécession (mais pas
scission) pour rouler solo, du coup, encore plus marqué.
De l’autre côté (gauche aussi, ça pose un problème ?), Toma
Feterman, archifiché comme leader de La Caravane Passe, 6 disques en
10 ans, un touche-à-tous (les instruments), ambassadeur de toutes les
tziganies.
Alors, quitte à être à gauche, autant ressortir les vieilles lunes.
D’abord, ils se sont flairé. R-wan est passé… dans la Caravane (le temps
d’un featuring), puis traîné dans les réduits où Toma (devenu Feetermix)
mijotait ses affaires electro-balkaniques en compagnie d’un certain DJ
TaGaDa. Ca sentait la poudre. A force de se fréquenter, ils ont fait
alliance. Avec un nom , Soviet Suprem, et un programme constructif :
léger et punk à la fois, sur tempo bolcho-trigane, avec diversions cumbia
et hip hop, voire… sirtaki. Tout cela sur un dancefloor chauffé à… rouge.
A ma gauche, Sylvester Staline, à ma gauche aussi, (vous avez
compris !) John Lénine. Et derrière, des gros bras, avec, pour donner le
tempo (et les ordres), DJ Croute Chef. Attention, toute ressemblance avec
certains aboyeurs conquérants de la grande Russie d’aujourd’hui est
infondée (et passible de camp)
Soviet Suprem trouve ses repères dans le chromographie des années
rouge vif, en prenant soin… de tout mélanger, rideau de fer et Pavlov
(celui du reflexe), Bolchoï (le théâtre) et Tito (la Yougoslavie). Voire
goulag et jetlag, smirnoff et popopopof, pourvu que ça rime et, à la fois,
que ça rime à rien. Directive incontournable : que ça gouaille.
On est loin des camps de pionniers, des levers du drapeau, nos deux
leaders se qualifient volontiers de « bâtards », en vérité, ce sont des punks
à chiens… de Pavlov (mais sans chiens) sur canapé ( ! ) de musiques
cuivrées pour mariages, enterrements, mais aussi baptêmes et révolution ;
du russo-tzigano-balkanico-rom frénétique et anti-dialectique.
Soviet Suprem, c’est un commando d’élite qui finalement s’avoue
libertaire, plus noir que rouge, qui fait le mur des conventions. Avec John
Lenine et Sylvester Staline, prenez le pouvoir de la teuf. Un truc que les
Soviets n’avaient pas mis au programme.
RKK

 

Quelques liens :

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